« Faire de la littérature, faire appel à l’enfance c’est faire typiquement de la littérature sa petite affaire privée, c’est de la dégoutation, c’est vraiment de la littérature de préjudice, de bazar, c’est des best-sellers,
c’est de la vraie merde ça ». Gilles Deleuze,  E comme Enfance

Ma petite affaire privée s’inscrit en opposition aux propos de Gilles Deleuze. Ma petite affaire privée est une installation aux allures de vieil appartement où un lecteur silencieux est assis dans un fauteuil années 80 au milieu d’un fatras d’ouvrages empoussiérés, de courriers administratifs jetés au sol et d’une télévision en marche. Tous ces objets appartiennent à la chambre de James Buisset située à l’étage d’une maison où il ne peut plus monter. Un film tourné dans cette même pièce et diffusé en boucle sur l’écran cathodique en décrit les volumes, en détaille le contenu : réveil définitivement arrêté, lit encombré d’objets éparpillés, chemise blanche étendue sur le dossier d’une chaise, papier peint défraîchi … Ce film décrit l’absence, le départ soudain ; l’installation en est la prolongation.